#leVIHaChangé – Campagne de dépistage et I=I

A l’occasion de la sortie en France de la série It’s a sin, Objectif Sida Zéro, Nice et les Alpes Maritimes s’engagent et Vers des Alpes Sans Sida s’associent pour encourager toute personne qui souhaite effectuer un dépistage du VIH à ne pas le reporter et rappellent que #leVIHaChangé.

Les deux COREVIHs ont choisi de mutualiser les moyens pour une campagne commune et territorialisée :

01.04 : Plénière du COREVIH arc alpin : Quels enjeux et quels parcours pour les personnes trans sur l’arc alpin et en France ?

 

  • La population trans en France – sociologie d’une population, Dr Karine Espineira, sociologue, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis Membre du comité Scientifique de la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT
  • Mise en place d’une filière de soin sur l’arc alpin – Objectifs et point d’étape, Dr François Istasse, chirurgien, CHU Grenoble Alpes
  • Les enjeux de santé et de parcours de soin de la file active de RITA et du Planning familial 38, Max Cressent, RITA et Planning familial 38; Basile Bucher, RITA

 

  • Contexte national, renouvellement des COREVIH
  •  Les focus épidémiologie Dr Emilie Piet, CH Annecy St Julien en Genevois, pilote de la cellule d’expertise épidémiologique
  •  Les focus de la Commission Qualité de Vie Qualité des Soins, Iris Arnulf, psychologue, coordinatrice à TEMPO et Jana Morales, coordinatrice des ACT AIDES 38, co-pilotes de la Commission Qualité de Vie Qualité des Soins
  •  Les focus de la Commission Prévention et Dépistage Dr Eve Pellotier, CeGIDD 38 co-pilote de la Commission Prévention et Dépistage & Dr Charlotte Chandez, CeGIDD CHANGE

Journée 0 discrimination – Infographie I=I

Afin de marquer le 01 Mars 2021, Journée Mondiale 0 discrimination de l’ONUSIDA,  la Commission Qualité de vie qualité des soins du COREVIH a décidé de proposer une infographie sur I=I qui sera envoyée au listing global de tous les centres hospitaliers participant au COREVIH sur les 3 départements.

Cela veut dire toucher 24 000 professionnels des hôpitaux.

L’infographie se veut informative, chiffrée, sourcée et surtout non jugeante. Elle demande plutôt le soutien de la communauté hospitalière pour faire passer le message de l’indétectabilité, tout en rappelant ce que cela veut dire à la fois pour les personnes vivant avec le VIH et pour les personnes en position de soin.

 

Alpes sans sida Infolettre février 2021

Editorial, Professeur Olivier Epaulard, Président et Infectiologue au CHU Grenoble Alpes

Cher.e.s tou.te.s,

L’année a commencé entre une pandémie qui surplombe tout, et l’arrivée des vaccins qui devraient permettre d’en venir à bout ; certains discutent : 2021 verra-t-elle le retour à la « vie d’avant », ou bien l’arrivée de la « vie d’après » ? Beaucoup considèrent en tout cas que la Covid-19 a permis de rendre plus visible des problématiques déjà bien identifiées dans l’infection par le VIH, et qu’il sera encore moins possible de laisser de côté à l’avenir ; en particulier, l’impact sur la santé des inégalités. Inégalité d’accès au soin, au dépistage, à la prévention, à l’information : le rôle des inégalités territoriales, sociales, de genre, d’ethnie, d’origine géographique …, repéré de longue date dans l’infection par le VIH, a été largement illustré par la Covid-19 : leur prise en considération devient de plus en plus incontournable. Le congrès 2021 de la SLFS, organisé à Grenoble les 30/09 et 1/10 avec notre Corevih, sera justement centré sur ce thème des inégalités, et sur la réduction de leur impact.

En attendant le retour aux réunions « physiquement ensemble », la plénière du 1er avril, en visioconférence, aura comme thème principal les personnes trans, leur situation générale en France, et les possibilités de prise en charge sur l’Arc Alpin pour une transition ; venez écouter, parler, et débattre ce jour-là !

Nous ferons également le point pendant cette plénière sur les évolutions possibles des Corevih dans les années à venir : leur modèle doit-il évoluer, et comment ? Leur fonctionnement, atypique et novateur, doit-il changer pour mieux répondre à nos objectifs – les territoires sans Sida, les luttes contre la discrimination, la prise en charge toujours meilleure des PVVIH, mais aussi les actions plus larges autour des IST, des hépatites virales, voire de nombreux pans de la santé sexuelle … ? Un groupe de travail inter-Corevih, « Avenir », réfléchit sur ce sujet, et fera des propositions ; elles résonneront sans doute avec le renouvellement de notre Corevih lors des élections en 2022 ; j’espère qu’elles feront que d’autres acteurs locaux nous rejoindront, et qu’elles susciteront des candidatures pour le bureau … réfléchissez-y 😉

Bonne fin d’hiver à tou.te.s,
Olivier

 

Editions précédentes

 

Alpes sans sida Infolettre janvier 2021

Editorial, Sylvie Vanderschilt, Vice-Présidente et coordinatrice à Sida Info Service

Avez-vous conscience qu’à chaque instant, nous faisons un choix ?

Tous nos actes sont déterminés par la décision d’une option plutôt qu’une autre. Il est des décisions pour lesquelles nous pouvons mesurer les effets, si tant est que nous puissions les maîtriser, les contrôler.

Mais lorsque le conseil d’état rend un avis négatif sur la formulation juridique du décret d’autorisation pour les médecins généralistes de « primoprescrire » la prophylaxie pré-exposition (PrEP), la prévention du VIH est freinée, entrainant potentiellement une augmentation des contaminations…

Une formulation juridique aurait plus de poids qu’un enjeu de santé publique ?

Mais alors en fin de compte, qu’est ce qui guident les choix ?

 

Editions précédentes

 

Infolettre épidémio #1 janvier 2021

Edito

Bienvenue à cette première édition de l’infolettre épidémio de l’arc alpin !

Cette lettre est éditée par la cellule d’expertise épidémiologique du COREVIH arc alpin pour ses membres.

Notre objectif ? Vous permettre d’avoir accès plus facilement et plus régulièrement aux données épidémiologiques. Cette infolettre sera publiée 3 à 4 fois par an et nous espérons qu’elle sera aussi un outil utile pour étayer la stratégie « vers des Alpes sans sida ». Si vous souhaitez que nous travaillions sur des sujets particuliers, si vous avez des questions pour la cellule d’expertise épidémiologique ou si vous souhaitez venir travailler avec nous, n’hésitez pas à m’envoyer un mail à epiet@ch-annecygenevois.fr !
Bonne lecture !

Dr Emilie Piet, pilote de la cellule d’expertise épidémiologique du COREVIH arc alpin

Au sommaire

Analyser plus finement l’indétectabilité : cascades par groupes et cascade des « nouveaux

La cellule d’expertise épidémiologique du COREVIH arc alpin a souhaité analyser plus finement les cascades de prise en charge du VIH et notamment l’indétectabilité pour pouvoir améliorer la prise en charge localement ou régionalement.

  1. Le taux d’indétectabilité des personnes nouvellement prises en charge est-il meilleur ou moins bon que la file active globale ?

Il est globalement meilleur : le taux oscille entre 94% et 100% des personnes mises sous traitement par département (files actives 2017, 2018, 2019 cumulées) ; alors qu’en 2018, le taux d’indétectabilité de la file active globale était de 92%.

Le constat est le même par genre (meilleur taux chez les femmes et hommes) et par groupe cible (HSH, migrants…).

La cellule d’expertise épidémio s’interroge donc sur l’indétectabilité des personnes prises en charge depuis plus de 4 ans : quelles sont les caractéristiques des personnes prises en charge depuis plus de 4 ans et qui sont détectables ? Est-ce qu’il s’agit de certains groupes ? Est-ce que cela dépend de l’ancienneté de vie avec le VIH ? D’autres facteurs ?

2.  Les cascades par groupe cible

L’analyse des cascades par groupe cible sur les données épidémio de 2017 et 2018 nous montre des disparités notables entre HSH et migrant.e.s :

  • 99% des HSH pris en charge sont sous traitement, contre 97% des migrant.e.s
  • 93% des HSH sous traitement sont indétectables, contre 90% des migrant.e.s
  • Pour les migrant.e.s, une différence notable existe entre hommes et femmes : 93% des femmes migrant.e.s sous traitement sont indétectables, contre 87% des hommes migrants : Comment expliquer cette différence et comment améliorer la prise en charge des hommes migrants ?

A venir : La cellule d’expertise épidémiologique a pour projet d’analyser plus finement les raisons pour lesquelles certain.e.s migrant.e.s ne sont pas sous traitement. Une étude aura lieu dans tous les centres hospitaliers au premier semestre 2021 pour analyser et comprendre les raisons pouvant expliquer la détectabilité des migrant.e.s.

 

0 co-infection VIH-VHC sur l’arc alpin ? Presque !

La celllule épidémio surveille depuis 3 ans le taux de guérison des PVVIH co-infectées VHC. Sur la file active 2019 (347 co-infecté.e.s), 95% sont guéri.e.s de leur infection VHC. Ce taux varie de 92% à 100% selon les centres.

La guérison progresse d’année en année : 74% en 2017, 91% en 2018.

Parmi les 18 personnes non guéries en 2019, 10 étaient en cours ou en attente de traitement.

Profil des PVVIH co-infectées VHC

  • Les co-infecté.e.s représentent 12% de la file active VIH de l’Arc Alpin.
  • La majorité des co-infecté.e.s sont des hommes (73%) et 78% sont né.e.s en France.
  • Le mode de contamination du VHC est d’abord l’usage de drogues par voie intra veineuse (57%), puis par voie sexuelle (31%).
  • La cellule épidémio va poursuivre l’analyse des co-infecté.e.s VIH-VHC tous les 2 ans.

 

Le TPE aux urgences en 2019 : pour qui ? pour quoi ? suites de prise en charge ?

Le COREVIH arc alpin a mis en place un suivi des traitements post exposition (TPE ou traitement d’urgence contre le VIH) afin d’évaluer périodiquement le dispositif et d’assurer alors la diffusion de bonnes pratiques[1].

Le premier recueil de données concerne l’année 2019. 145 TPE ont ainsi été recensés sur les trois départements sans toutefois représenter un recueil exhaustif, certains centres ayant eu une contribution partielle ou n’ayant pas contribué en 2019.

Les deux tiers des TPE concernent des hommes. Une spécificité s’observe en Haute Savoie où 27% des TPE concernent des personnes ne résidant pas dans le département (un peu moins en Savoie, 18%). Cela pouvant être le fait du contexte transfrontalier et plus globalement du Grand Genève où les hôpitaux de Haute Savoie répondent aux besoins de la population du Pays de Gex, territoire du département limitrophe de l’Ain.

Près d’un TPE sur dix n’a pas été poursuivi après réévaluation lors de la consultation spécialisée (service infectiologie ou Cegidd). La quasi-totalité de ces interruptions concerne des femmes hétérosexuelles. Cela plaide pour une meilleure diffusion au sein des SAU (services d’accueil des urgences) du protocole réalisé par le COREVIH afin de faciliter l’évaluation de la nécessité de prescrire le TPE.

Du point de vu de l’observance au traitement, l’enjeu du suivi pendant le traitement et l’écoute du / de la consultant.e sont primordiales (évaluation des effets indésirables éventuels, etc.) car près de 15% des personnes l’ont arrêté avant la fin des quatre semaines prescrites.

Le besoin d’un TPE peut être une indication d’utilisation de la PrEP. La prescription du TPE apparait donc comme une opportunité pour informer et proposer cette modalité de prévention du VIH. Cela se vérifie car dans 27% des cas la PrEP a été proposée, majoritairement à des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ou bisexuels. Et ce d’autant plus qu’une personne sur dix avait déjà eu recours au TPE. Les deux approches en prévention demeurent complémentaires car ce sont aussi une personne sur vingt qui avait déjà utilisé par le passé la PrEP.

Enfin, notons que le fait de consulter pour un TPE peut induire des  orientations ou accompagnements spécifiques. Par exemple, une personne sur dix a demandé un TPE suite à un rapport sexuel non consenti.

[1] Circulaire interministérielle de 2019 relative aux recommandations de prise en charge des accidents d’exposition au sang et aux liquides biologiques (AES) survenant dans un environnement professionnel et des accidents d’exposition sexuelle.